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" Niños sin infancia "


Sur la Plaza de Armas de Cusco, dans les rues avoisinantes, sur les sites touristiques, sur les marchés, partout, des nuées d’enfants, mal vêtus, sales, les pieds nus dans des sandales, abordent les touristes, proposent pour 1 sol une carte postale, un petit sac, une bourse en tissu ou cherchent à cirer les chaussures.
Selon un articcle du journal péruvien, "La Republica" du lundi 19 août 2002,
" Au Pérou, 2 millions d’enfants mineurs travaillent dur et beaucoup ont abandonné l’école"
Selon le dernier recensement, 42% des enfants et adolescents entre 14 et 17 ans travaillent. 1 sur 3 d’entre eux ne va pas à l’école et n’a donc pas appris à lire et à écrire. Ils travaillent parce que leurs parents n’ont pas un salaire suffisant pour subvenir aux besoins de la famille. Outre ceux qui vendent des produits dans la rue, il y a les enfants - en majorité des fillettes - qui sont employés comme domestiques: ils nettoient la maison, lavent le linge, vont au marché, cuisinent etc... et font de longues journées. La plupart gagne un peu d’argent mais certains sont seulement logés, nourris et reçoivent parfois une éducation.
D’autres font un travail encore plus dur: ils façonnent des briques pour une maigre rétribution et, parfois, seulement pour de la nourriture.
Dans les zones minières du pays, la présence d’enfants s’est accrue ces dernières années (on estime leur nombre à 1400). Dans les régions de Puno, Ayacucho, Arequipa, des centaines d’enfants sont employés dans l’extraction artisanale de l’or. Ils reçoivent un salaire de 8 à 10 soles ( environ 20 F ) et leur journée dépasse 8 h.
Sur les hauteurs de Carabayo ou dans les zones situées sur la route de Canta, une centaine d’enfants ( entre 10 et 15 ans) sont tailleurs de pierre: ils aident à extraire les pierres des flancs de la montagne et leur donnent forme à coups de ciseau. C’est une activité qui demande de grands efforts et qui est exposée à de nombreux accidents.
"Enfants sans enfance" dit l’article. Le président Toledo a affirmé dans une interview, faire de la lutte contre la pauvreté, sa priorité. L’avenir dira s’il s’agit d’un simple déclaration d’intention ou d’une réelle volonté d’inscrire dans les faits, pour tous les enfants du Pérou, le droit à l’éducation et au jeu, comme le stipule la Convention relative aux droits de l’enfant, approuvée par l’Assemblée Générale des Nations Unies .

Monique Antonutti