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A lire en attendant la parution du compte-rendu de notre trek au Pérou

 

 

 

Le problème des cheveux à l'étranger

Est-il plus difficile de se rendre chez le coiffeur à l' étranger qu' en son propre pays? C' est une question délicate qui mérite réflexion. Il faudrait tout d'abord définir si c'est une démarche aussi naturelle que cela chez soi...
On va rarement chez le coiffeur pour le plaisir de perdre quelques heures sur son temps libre, du moins dans notre tranche d' âge. Plus que tout, c'est la prise de rendez-vous qui me terrorise. Comment demander de se faire couper les cheveux sans le dire? Et comment faire comprendre à la stagiaire qui répond au téléphone que c'est à la patronne et à elle seule qu'on confiera sa chevelure – mais cela n' a rien à voir avec vous, Mademoiselle, c' est juste que... Juste qu' en matière de coiffure, on est plutôt conservateur et on a horreur de l' imprévu. Lorsque vous tenez une bonne professionnelle qui a compris ce que vous attendiez d' elle, à quelle hauteur les pattes, comment court derrière, avec la raie plutôt suggérée que marquée, avec un zeste de gel, oui, pour modeler le tour, et sans trop de bla-bla si possible, vous tenez le bon filon à exploiter le plus longtemps possible. La coiffeuse croit vous fidéliser, mais c' est en fait vous qui l' apprivoisez.

Donc, une fois le lien intime établi à grand-peine, et au prix de nombreuses esquisses plus ou moins réussies, il vous est pénible de tout remettre en cause. Après deux mois de voyage, et malgré un ratiboisage de haute volée avant le départ, cette épreuve est devenue inéluctable.

On s' en rend compte dans ces occasions, le vocabulaire de la coiffure est très spécifique, voire recherché, et même dans sa langue maternelle, il est difficile d' expliquer ce que l' on veut. Le sait-on seulement?

Toute cette introduction avait pour but d' éclairer le lecteur sur le tourment qui fut le nôtre au moment de passer à l' acte en terre péruvienne, et de s' exposer aux lames rancunières des fils du Soleil.

Je suis entré, j ai bredouillé:
- Pouvez-vous me couper petit?
Puis, je suis rentré dans le vif du sujet en mimant les ciseaux avec mes doigts et en commentant gauchement:
- Je veux une petite nuque
Jusqu' au grandiose:
- Bien courts, les canards!
Fruit d une erreur sur l' équivalence entre “les pattes” et “los patos”. La coiffeuse, perplexe, me tend alors un catalogue avec de jeunes mâles aux traits parfaits, ou parfaitement connus. De mon index, je lui indique George Clooney, et me cale confortablement dans mon fauteuil. Tout simplement.

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Pourquoi l'Amérique ne s'appelle-t-elle pas Colombie?

Question apparemment idiote mais dont la réponse est surprenante : par erreur !
Christophe Colomb a toujours cru - ou du moins déclaré - avoir découvert l'extrémité occidentale des Indes. Dan les cartes et relations qu'il fit éditer, il ne fut donc nullement nécessaire de baptiser ces terres. Amerigo Vespucci, un aventurier florentin, se joignit à plusieurs expéditions portugaises et espagnoles entre1499 et 1502. Ses relations de voyage connurent un grand succès littéraire dans l'Europe lettrée et furent rapidement traduites en plusieurs langues. Il fut le premier à émettre la thèse que les terres découvertes par Colomb étaient en fait un monde nouveau.
Le mot America apparut pour la première fois en 1507, lorsqu'un groupe de cartographes de la Chapelle de Saint-Dié, dirigé par un certain Waldseemuler, l'introduisit dans un ouvrage avec la justification suivante : Parce que Americo découvrit cette terre, il est légitime de l'appeler « Terre d'Americo » ou « America
Se rendant bientôt compte de son erreur, ou sous la pression des héritiers de Colomb, Waldseemuller fit modifier les cartes et mentionna dans toutes ses éditions ultérieures que Colomb fut bien le premier découvreur de ces terres, suivi de Cabral, Puis de Vespucci. Sur les cartes du nouveau continent, il remplaça America par "Terra Nova", et "Brasil", terre des Perroquets" .
Il eut beau faire, la quasi totalité des cartes éditées en Europe avaient désormais adopté l'appellation erronée. Le pire, c'est que Vespucci, qui mourut en 1512, n'a probablement jamais su que circulaient des cartes avec son nom comme toponyme!
Cela dit, la découverte du nouveau monde fut, elle, due à une grossière erreur de calcul, Colomb s'étant trompé de plusieurs milliers de kms dans l'évaluation de la position des Indes, et à la naïveté de la couronne espagnole qui le crut et le "sponsorisa", alors que les portugais avaient repéré l'erreur de calcul.

 

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Ravages de la mondialisation, suite.

Il y a quelques semaines, a éclaté le scandale WorldCom ; après l’affaire Enron, voilà une nouvelle raison de modifier la première ligne de mon Curriculum Vitae de « working girl » pour remplacer Arthur Andersen par ... mais qui donc est à l’abri d’un pareil désastre dans la profession ? Au delà de ma petite personne, les irrégularités comptables mises à jour dans la déroute WorldCom risquent de s’accompagner du licenciement de quelques 17.000 personnes. Une broutille. Mais aussi, à une échelle plus « macro-économique », cette affaire vient encore affaiblir les marchés émergents que sont l’Argentine et surtout le Brésil dont la situation apparaît chaque jour fragilisée, notamment à l’approche des élections présidentielles. Le rapport ? Les investisseurs américains – douchés par les pertes vertigineuses des opérateurs Télécom, se montrent davantage adverses au risque et préfèrent désormais des valeurs « refuges » (telles que les Bons du Trésor américains) aux placements plus rentables mais plus risqués. Conjugué à la hausse de l’Euro qui attire elle aussi des masses de capitaux, ce phénomène conduit à la dégradation du « risques pays » Brésil – celui qui nous intéresse plus particulièrement aujourd´hui et qui reflète l’attrait que présente ce marché – et donc va amener les prêteurs à demander un rendement supérieur, pour rémunérer leur prise de risque. Ainsi, les entreprises et l’Etat brésiliens (qui n’avaient vraiment pas besoin de ça) devront payer des taux d’intérêt plus élevés sur les emprunts qu’ils contracteraient en dollars sur les marchés étrangers. Elémentaire non ? Il n’est pas impossible que ce pays – qui fait partie de nos prochaines destinations – se retrouve dans une posture aussi difficile que celle de son voisin argentin...

 

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