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Honduras *

Dix jours sous l'eau

( 3 janv - 13 janv 03 )

 

 


Le tout premier contact avec ce nouveau pays laisse augurer de bonnes parties de rire. 10 mètres avant le poste frontière, un immense panneau avertit qu´il n´y a rien à payer et que de toute façon, les bureaux de douane ne sont pas habilités à recevoir de paiement. Au-dessus du guichet, un autre écriteau déclare avec énergie "Ici, nous sommes une institution honnête alors ta corruption, tu peux te la garder!".
Quelques minutes plus tard, les "Incorruptibles" nous ont soutiré une taxe de "dédouanement", et une autre "d´immigration", sans même rendre la monnaie, arguant du fait que : "cela pourrait aussi bien être plus cher" (sic). Bienvenue au Honduras!!!

Ce pays méconnu situé à l´est du Guatemala possède une superficie de 112 000 km2, soit un cinquième de la France. Majoritairement métissée et hispanisante, la société hondurienne compte une importante communauté noire et anglophone, notamment sur la côte caraïbe. Le niveau de vie paraît plus élevé qu´au Guatemala, et les infrastructures plus développées, ce qui n´est pas pour nous déplaire car nous souffrons de raideurs au dos et de rougeurs aux fesses.
La monnaie locale est le "Lempira", qui vaut 1/17ème d´Euro: un amour de monnaie! La bière nationale est la "Salva Vida"; elle ne manque pas de saveur.
L´histoire de ce pays est beaucoup moins mouvementée que celle de ses voisins. L´influence des Etats-Unis y est particulièrement forte, tant économiquement que militairement. Au XIXème siecle, les multinationales fruitières (Standard fruit et United Fruit) s´étaient littéralement partagé le pays et intervenaient largement dans les affaires intérieures. Lorsque, en 1911, celles-ci se sentirent menacées par les projets économiques du gouvernement, elles firent appel à la mère-patrie. Les Etats-Unis répondirent à l’ appel en envahissant militairement le Honduras. En 1954, les Etats-Unis signèrent un traité qui prévoyait la fourniture et l´entretien d´un important dispositif militaire ainsi que l´entraînement des soldats aux frais des américains.En échange, les Etats-Unis se réservaient un accès illimité aux ressources en matières premières du Honduras.
Dans les années 70 et 80, le pays servit de base arrière aux mouvements contre-révolutionnaires du Nicaragua, El Salvador et Guatemala. C´est ici qu´étaient notamment regroupés et entraînés les tristement célèbres "Contras" armés par le Président Ronald Reagan.

Copán

Ce site est l´un des plus importants du monde maya. C´est aussi notre dernier. Moins romantique que ceux engloutis par la jungle, Copán se distingue néanmoins par l´abondance et la qualité de ses stèles. La bourgade voisine de Copán Ruinas est une étape fort agréable entre les hauts plateaux guatémaltèques et le littoral hondurien.

Roatán

Nous arrivons sur cette petite île des Caraïbes complètement épuisés après une traversée particulièrement mouvementée sur la crête de vagues géantes. Le terrible théorème des vomis synergiques avait durement frappé les passagers du ferry malgré les pastilles de nautamine que l´équipage avait distribuées avant le départ. Mais grâce au sens de l´organisation de la compagnie, les nauséeux avaient trouvé aide et réconfort auprès du personnel de bord, toujours prompt à tendre un sac plastique ou à le changer. Ainsi les malades envisageaient-ils leur nausée avec confiance et celle-ci se révéla donc plus fluide, plus souple, et l’ un dans l’ autre, tout le monde y trouvait son compte.

Roatán était auparavant un repère de pirates anglais qui tourmentaient les galions espagnols. On en compta plusieurs milliers au 17ème siècle avant que les ibériques ne mettent fin à cette “république boucanière”.
Aujourd´hui, cet archipel - resté majoritairement noir et anglophone - est considérée comme l´un des plus beaux sites de plongée du globe. Nous y passons notre brevet “advanced PADI” qui correspond à un cours de perfectionnement sur des aspects comme l`exploration d´épaves, la navigation sous-marine, la plongée profonde, et la plongée de nuit. La pluie drue qui tombe en permanence en surface ne remet pas en cause notre plaisir sub-aquatique mais plombe quelque peu des fins d´après-midi moroses.
Pour nous consoler, nous louons une chambre équipée de cuisine et frigo et pouvons enfin concrétiser ce rêve caressé depuis maintenant huit mois: nous faire nous-mêmes à manger. Ceux qui par leur activité professionnelle itinérante fréquentent assidûment hôtels et restaurants connaissent ce bonheur simple, et la saveur unique que peut renfermer une vinaigrette maison. Un plat de pâtes empreint de nostalgie nous arrache des grognements d´extase et même la vaisselle se fait légère. Durant cette période, les facéties gastronomiques de deux célèbres enquêteurs aiguisent nos appétits: Pepe Carvalho pour la cuisine espagnole, Maigret pour la française, et nous laissent affamés à chaque fin de chapitre. Nous avions entre-temps suspendu la lecture de Rigoberta Menchu dont les problèmes de sous-alimentation ne semblaient pas adaptés aux circonstances.

Nous quittons ce pays comme nous l’ avons trouvé: sous la pluie battante. Le trajet vers Tegucigalpa est épuisant et pas moins de deux jours de bus nous seront nécessaires pour rejoindre Esteli. Nous avons traversé ce pays sans vraiment le trouver, et c’ est donc avec un sentiment de revanche que nous abordons l’ étape suivante: le Nicaragua.

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