Sommaire-Journal

Accueil

Sommaire-Photos

 

 

 

Belize *

( 4 déc - 8 déc 02 )

 

 

 



Quelle est l´idée qu´on peut bien se faire du Belize avant d´y mettre les pieds.? Aucune, assurément. Même lorsqu´on s´y trouve, on a du mal à le concrétiser. Alors pour commencer, quelques précisions d´ordre général:
ex-Honduras britannique n´est pas le plus petit pays d´Amérique centrale - c´est le Salvador - mais c´est assurément le moins peuplé avec ses 250 000 citoyens. C´est le seul anglophone de la bande des sept, fier membre du Commonwealth. Sa monnaie est le Dollar Belize, qui équivaut à 0.5 USD, et sa capitale est Belmopan.
Bien, mais pourquoi Diable ce petit pays parle-t-il anglais au beau milieu d´un espace maya qui tomba intégralement dans l´escarcelle espagnole au cours du XVIème siècle. Le fait est que l´Espagne ne s´intéressa jamais beaucoup à ce territoire inhospitalier qu´une immense barrière de récifs rendait apparemment impropre au commerce maritime. C´était en revanche une base arrière idéale pour les flibustiers anglais et écossais qui chassaient les galions lourdement chargés des richesses du continent. Fatiguée de voir ses navires sans cesse attaqués, la couronne espagnole obtint des anglais qu´ils mettent à la retraite leurs pirates, qui se reconvertirent dans le commerce de l´acajou avec une certaine autonomie territoriale. Ces derniers "importèrent" des milliers d´esclaves d´Afrique afin de développer cette industrie. Aujourd´hui, cette communauté africaine constitue la grande majorité de le population bélizéenne et lui donne un petit air de Jamaïque. Les liens avec la couronne britannique demeurèrent si forts qu´en 1862. cette dernière l´annexa à son empire colonial au grand dam des Etats-Unis et de leur doctrine Monroe (qui stipule plus ou moins que l`Amérique est à eux).
Nous voilà donc à Belize City, 70 000 habitants, qui n´est même plus capitale du pays éponyme puisque le gouvernement, suite à quelques ouragans ravageurs s´est retiré dans la localité de Belmopan, au centre géographique du pays. Aujourd´hui, la "Brasilia du Bélize" ne compte pas moins de 4 000 habitants...

Difficile de trouver un charme à Belize City: le guide Lonely Planet met en avant sa "fraîche brise marine", signe qu´ils se sont creusé la tête. Le tour du Fort Georges District et de sa "charmante architecture coloniale" ayant nécessité dix minutes de marche lente, c´est sans regret que nous cinglons vers Caye Caulker, une langue de roche et de récifs de quelques dizaines de mètres de large, située à une vingtaine de miles....o my god voilà que je compte en british... et une trentaine de kilomètres du continent. Cette barrière de corail est la deuxième plus grande du monde. Pour ceux qui ont suivi la progression, il y a un peu plus d´un mois nous nous mouvions avec agilité dans la troisième (Los Roques). Mais quelle est donc la première?
Dès la mise à l´eau, un regard vers le bas nous fait sursauter: à dix mètres, un magnifique requin se faufile, éveillant en nous des sentiment contradictoires de fascination et d´effroi. Quelques instants plus tard, des nuages de raies nous enveloppent, comme des escadrilles de soucoupes volantes. D´élégants barracudas traversent le chemin sans modifier leur allure, nous forçant à céder le passage. La tortue fait sa belle en s´envolant. La langouste observe tout cela depuis son recoin, de même que la verte murène aboyant depuis sa niche de roche. Les récifs sont des jardins sauvages, ondulant au gré du vent des profondeurs. Quand je me tourne vers Delphine, je la vois aussi décoiffée qu´en haut de la montagne. La montagne...
Comment ne pas faire de parallèle dans cette quête des extrêmes? Toujours plus haut ou plus bas, l`émotion est le moteur, le régénérateur. Comme s´il fallait chercher toujours plus loin ce que la vie de tous les jours peine à distiller.

Passée la première surprise, on s´habitue à ce pays. La bière locale se nomme "Belikin" et possède infiniment plus de saveur que la pisse de chat mexicaine. Les gens ne sont pas si méchants, c´est juste qu´on a du mal à les comprendre. Les anglais eux-mêmes entravent avec peine le pidgin local, absolument imbitable sans intelligence contextuelle. L´"intelligence contextuelle", c´est comprendre ce qu´il est logique qu´il soit dit en une circonstance donnée. Comme nous vivons des situations parfaitement stéréotypées, cela ne pose aucun problème. Quand, par exemple, on demande à un restaurateur si son poisson est frais, sa réponse, quelle que soit sa longueur, sera une variante de "oui, mais bien entendu, il frétille dans l´assiette!"

Après quelques jours de plongée dans une météo délicate, nous laissâmes derrière nous le Bélize, ses rastas, ses "Mennonites" à turban, ses chinois prospères, ses anglais dégénérés et ses récifs grouillants pour emprunter les multiples bateaux, bus, et chemins poussiéreux qui mènent à Flores, de l´autre côté de la frontière guatémaltèque.

A noter pour finir cette coutume douanière bélizéenne empreinte de grande classe. Pour entrer dans le pays, c´est gratuit (You ma friend man), mais pour sortir vous devez vous acquitter d´une série de taxes équivalant à 15 euros, sinon, vous ne sortez pas...
Pour votre peine, ils vous remettent un reçu de ce racket, sur lequel est écrit en gros: "Come Back soon". Ben voyons...

Photos